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Investissement locatif — Comment obtenir un cash-flow positif ?

Lorsqu’on débute dans l’investissement locatif, la plupart des investisseurs se concentrent sur un seul objectif : acheter un bien qui s’autofinance, c’est-à-dire dont le loyer est supérieur aux échéances du prêt.

En réalité, pour bâtir un vrai patrimoine et enchaîner les opérations, ce n’est pas l’autofinancement qu’il faut viser… mais un cash-flow positif.

Un investissement locatif à cash-flow positif est un bien dont le loyer couvre toutes les charges, y compris l’imposition, les travaux, la vacance locative et les aléas.

Si ces éléments ne sont pas intégrés dès le départ, vous risquez de vous retrouver avec un cash-flow négatif, c’est-à-dire un bien qui vous coûte de l’argent chaque mois.

Dans cet article, je vous montre pas à pas comment passer d’un cash-flow négatif à un cash-flow positif grâce à une méthode simple, chiffrée, et applicable immédiatement.

➜ Vous pourrez même télécharger le fichier Excel que j’utilise personnellement pour analyser chaque investissement.

Pourquoi viser un investissement locatif à cash-flow positif ?

  1. Ne plus remettre d’argent chaque mois
    Un cash-flow positif garantit que votre bien s’autofinance réellement, même en intégrant toutes les charges invisibles.
  2. Préserver et augmenter votre capacité d’emprunt
    Les banques adorent les biens rentables.
    Plus votre cash-flow est positif, plus vous pouvez enchaîner les acquisitions.
  3. Réduire votre risque personnel
    Moins d’apport = plus de sécurité financière.
    Et surtout, un cash-flow positif sécurise bien mieux sur :
    • La vacance locative
    • Les travaux imprévus
    • Une hausse des charges ou de la taxe foncière

Comment calculer correctement le cash-flow immobilier ?

Quand j’ai commencé à investir dans l’immobilier, je ne calculais pas le cash-flow de manière aussi précise que maintenant.

J’oubliais notamment de prendre en compte l’imposition sur le revenu et aussi les travaux imprévus.

Résultat : j’ai regretté d’avoir acheté certains biens !

C’est pour cela que j’ai construit un tableau Excel complet, qui intègre :

  • Loyers nets (avec vacance locative)
  • Taxe foncière
  • Charges propriétaire & syndic
  • Assurance PNO
  • Annuités du prêt (capital + intérêts + assurance)
  • Frais d’agence + provisions travaux
  • Fiscalité réelle (IR + CSG/CRDS)

Il possède également une marge de sécurité car je n’ai pas pris en considération la déduction des intérêts d’emprunts dans le calcul de l’imposition.
Je préfère toujours partir d’hypothèses plus pessimistes qu’optimistes pour avoir de bonnes nouvelles une fois que l’investissement locatif est réalisé. 😉

Je vous recommande également d’utiliser une estimation prudente : sous-estimez les loyers et surestimez les charges pour avoir une marge de sécurité réaliste.

Quels sont les points qui influent le plus le cash-flow immobilier ?

Pour cela, prenons un exemple concret : un studio vendu 47 000€, rendement brut 9,2%.

  • Prix du studio : 47 000 €
  • Rendement brut : 9,2 %
  • Loyer : 360 €/mois (4 320 €/an)

Si vous financez ce bien sans apport, c’est-à-dire que vous faites un prêt pour financer l’achat du studio, les frais de notaires, les frais bancaires et de garantie du prêts, votre cash-flow est négatif de 1585 € par an.

Oui, chaque mois vous allez devoir sortir de votre épargne 132 € pour financer cet achat !!

Exemple de calcul d'un cash-flow négatif pour un investissement locatif

Trois postes expliquent l’essentiel de ce déficit :

  1. L’annuité du prêt
  2. La taxe foncière
  3. La fiscalité (impôt sur le revenu + CSG/CRDS)

Voyons maintenant comment transformer ce cash-flow négatif en cash-flow positif.

1. Jouer sur l’annuité du prêt : durée, taux, apport

Durée du prêt

Pour notre exemple :

Durée du prêtCash-flow
15 ans– 2454 €
20 ans– 1585 €
25 ans – 1074 €

En passant d’une durée de 20 à 25 ans, vous gagnez 511 € de cash-flow annuel.

Est-ce judicieux ?

Tout dépend de votre stratégie.

Si vous souhaitez investir jeune pour le très long terme, c’est une bonne stratégie car votre cash-flow va diminuer significativement.

Par contre si vous faites un investissement locatif en pensant revendre le bien d’ici une dizaine d’années, ce n’est pas forcément intéressant. En diminuant vos mensualités, vous remboursez moins de capital de ce prêt. Donc le jour où vous allez vendre le bien, vous aurez une part plus grande à rembourser et donc moins de bénéfice.

Également, si vous investissez en voulant un complément de salaire à échéance de 15 ans, il faut que le bien soit remboursé à cette échéance et donc vous allez faire un prêt sur 15 ans.

Le taux du prêt

Sur 20 ans : une variation de 0,5 point change le cash-flow d’environ 60 €/an.

Exemple pour un prêt sur 20 ans :

Graphique montrant l'évolution du cash-flow en fonction du taux du prêt

Ce n’est clairement par le taux du prêt qui favorisera fortement votre cash-flow mais gardez en tête de renégocier votre prêt si les taux baissent !

Le montant emprunté – votre apport

10% d’apport réduit le besoin en cash-flow d’environ 300 € par an, pour un prêt sur 20 ans à 3,5%.

ApportCash-flow
0€– 1 585 €
10% soit 5 368 €– 1 278 €
20% soit 10 735 €– 971 €
30% soit 16 103 €– 664 €

Si votre stratégie est long terme et que vous voulez multiplier les biens, je vous conseille de privilégier une durée plus longue plutôt qu’un apport trop gros — c’est souvent la stratégie la plus efficace pour améliorer le cash-flow tout en conservant de la trésorerie.

2. Les Frais d’agence et les travaux

Frais de mise en location

Je prends pour hypothèse : un changement de locataire tous les 2 ans, soit environ 135 €/an de frais d’agence pour la mise en location.

Pour ce prix l’agence immobilière s’occupera de faire visiter le bien, de trouver le locataire et de la rédaction du bail.

Vous pouvez économiser en faisant la mise en location vous-même, mais cela demande du temps et une sélection rigoureuse.

Gestion locative

Évitez de déléguer totalement la gestion de votre bien : une agence demandera environ 12 % du loyer, ce qui réduit fortement votre cash-flow. Pour ma part, je délègue la mise en location mais gère la gestion quotidienne. Cela prend relativement peu de temps, surtout si vos biens sont en très bon état.

Travaux & réparations courantes

Par expérience, je prévois en moyenne : 300 €/an pour un appartement non meublé.

Pendant de nombreuses années, les travaux seront inférieurs à cette somme. Et même sur plusieurs années, il n’y aura aucun travaux à réaliser…

Mais le jour où il faut changer le ballon d’eau-chaude. Votre plombier vous prendra environ 1000 €. C’est ce que le mien me facture pour un travail très réactif et de grande qualité.
Et vous devez savoir qu’un ballon d’eau chaude a une durée de vie de 10 ans, de ce fait il vous coutera à lui seul 100 €/an.

Rajouter à cela, des travaux de peinture, peinture, changer de l’électroménager, et divers travaux gérés par le syndic.

3. La fiscalité : le levier le plus puissant pour obtenir un cash-flow positif

Dans l’exemple, l’imposition pèse lourd : 529 € / an !

Ce montant correspond à l’impôt sur le revenu dans la tranche de 30% et à la CSG-CRDS de 17,2% (dont 6,8% sont récupérés l’année suivante, ce que j’ai compté dans le fichier Excel).

Bien travaillée, la fiscalité peut s’annuler sur de nombreuses années.

Voici les principales stratégies fiscales et une explication simple pour chacune :

Le déficit foncier

Vous achetez un bien et réalisez d’importants travaux.

Les travaux déductibles créent un déficit qui s’impute sur vos revenus fonciers et, sous conditions, sur votre revenu.

C’est ce que j’ai fait sur un immeuble de 6 appartements que j’ai acheté. J’ai pu déduire le montant des travaux sur 10 ans. Je n’ai donc payé aucun impôt sur le revenu ni de CSG-CRDS sur mon immeuble sur cette durée.

Par contre à la revente, j’ai payé une imposition très importante car l’administration fiscale calcule la plus-value en ne prenant pas en compte ces travaux (vu que vous les avez déjà déduits de vos impôts).

En clair : vous gagnez de l’optimisation fiscale aujourd’hui, mais vous pouvez payer plus d’impôts sur la plus-value future. C’est un arbitrage à connaître.

La SCI à l’Impôt sur les Sociétés (SCI à l’IS)

Vous pouvez acheter votre bien au travers d’une société.

L’intérêt est double, la taxation des sociétés est inférieure à l’imposition des particuliers et vous pouvez amortir comptablement votre bien.

Vous améliorez donc votre cash-flow.

Mais par contre là aussi, lors de la revente du bien vous serez plus taxé du fait de l’amortissement comptable des biens immobiliers.

Le statut LMNP/LMP : la meilleure option pour le cash-flow

Le statut du LMNP reste pour l’instant une vraie niche fiscale pour l’investissement locatif.

Car là aussi vous allez pouvoir amortir comptablement votre bien pour payer moins d’impôt et améliorer votre cash-flow.

Et cerise sur le cadeau, lors de la revente, l’amortissement n’est pas pris en compte. Vous serez donc beaucoup moins taxé que les 2 cas ci-dessus.

Il reste pour moi un vrai inconvénient au statut du LMNP. Comme son nom l’indique, vous devez louer un bien meublé donc vous avez des charges supplémentaires pour acheter les meubles mais surtout les remplacés régulièrement.

L’inconvénient le plus notable reste le préavis du locataire qui passe à 1 mois au lieu de 3 pour les biens non meublés. De ce fait, la vacance de votre bien va augmenter.

Le loyer : montant et taux d’occupation

Taux d’occupation

Le taux d’occupation a un impact direct fort sur le cash-flow.

Taux d’occupation Cash-flow
100%– 1225 €
96%
1 mois tous les 2 ans
– 1398 €
92%
1 mois par an
– 1578 €
83%
2 mois par an
– 1959 €

En fonction du type et de la localisation du bien, le taux d’occupation peut vite chuter.

Tout d’abord, dans un studio, les locataires restent en moyenne 2 ans d’après ma propre expérience. Et si votre studio étudiant est situé sur un campus il est très fréquent que votre locataire change tous les ans.

Minimiser la vacance locative (bonne annonce, état impeccable, réactivité) est donc crucial.

Montant du loyer

Vous pouvez augmenter le loyer par :

  • une rénovation pour améliorer le standing,
  • Passer en meublé (LMNP)
  • Optimiser l’espace
  • Ou en ciblant une clientèle plus solvable (ex. colocation).

Chaque option a un coût initial. C’est pour cela qu’il faut avoir une stratégie globale, ce que le fichier Excel vous aide à construire.

Exemple d’un plan d’action concret pour transformer –1 585 €/an en cash-flow positif

  1. Refinancer / rallonger la durée : passer de 20 à 25 ans → +511 €/an.
  2. Apporter uniquement les frais (notaire, garantie) plutôt que 0 % → un apport de 6 677€ permet de gagner 318€/an de cash-flow
  3. Passer en LMNP si le marché local le permet → réduction ou annulation de l’impôt courant. → cash flow amélioré de 618€/an
  4. Gérer soi-même la mise en location (économies sur 135 €/an) et éviter la gestion locative à 12 %.

Récapitulatif des leviers (par priorité)

  1. Durée du prêt (action immédiate, fort impact)
  2. Régime fiscal choisi (LMNP, déficit foncier, SCI-IS) — grosse optimisation si bien choisie
  3. Apport / montant emprunté
  4. Taux d’occupation & montant du loyer (gestion active du locataire et du bien)
  5. Frais d’agence vs gestion personnelle et provision travaux

Conclusion — comment obtenir un cash-flow positif dès demain ?

  1. Téléchargez le fichier Excel et ajoutez vos chiffres.
  2. Testez 3 scénarios : pessimiste, réaliste, optimiste.
  3. Priorisez : durée du prêt, fiscalité LMNP, gestion personnelle.
  4. Gardez toujours une marge de sécurité.

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